
Le terme “aikido” est composé de 3 kanji signifiant:
Aikido peut donc se traduire par “la voie de la concordance des énergies”.
En effet, le terme “concordance” est plus près du sens japonais original de l’aiki comme étant une action de rencontre (explicité dans la composition du kanji) que le terme “harmonisation”. L’harmonie peut être le résultat souhaité de la pratique de l’aikido, mais on ne fait pas d’aikido sans faire concorder les énergies (ce qu’on fait avant et après, harmonieux ou non, importe peu tant qu’à l’aikido comme tel). Comme le fait remarquer Olivier Gaurin, l’aikido, par la concordance (“mettre les cœurs ensemble”), amène à un résultat où il sera possible de communiquer avec l’adversaire, chose impossible si on a dans l’idée de l’harmoniser (“amener à une entente, se mettre d’accord”, ce qui est peut-être impossible en partant) ou de le détruire. Un autre problème soulevé est qu’harmonie implique souvent une notion d’amitié ou de paix, ce qui est superflu (on ne peut pas être aimé par tout le monde même si soi-même on aime tout le monde). Par exemple, les japonais utilisent le mot wago pour “harmonie”, terme composé de “paix” et de “concorder”: en concordant vers la paix, on crée l’harmonie.
L’aïkido est un budo (art martial japonais) essentiellement défensif, fondé par Morihei Ueshiba au cours du XXe siècle, entre 1930 et 1960 (officiellement reconnu par le gouvernement japonais en 1940 sous le nom d’aikibudo), mais basé sur des écoles d’arts martiaux bien plus anciennes (essentiellement le jujutsu de l’école daito ryu, le kenjutsu et l’Aikijutsu). Il est le résultat de la volonté de Maître Ueshiba de créer un art martial permettant de neutraliser n’importe quel type d’adversaire sans violences.
L’aïkido se compose de techniques aux armes et à mains nues utilisant la force de l’adversaire, ou plutôt son agressivité et sa volonté de nuire. Ces techniques visent non pas à vaincre l’adversaire, mais à réduire sa tentative d’agression à néant. L’aikido peut être considéré comme la concrétisation du concept de légitime défense : une réaction proportionnée et immédiate à une agression. En fait, dans l’esprit de l’aikido, il n’y a pas de combat, puisque celui-ci se termine au moment même où il commence. Conformément à cette logique, il n’existe pas de compétition d’aikido excepté dans certain styles particuliers comme le style Tomiki.
L’aikido est pratiqué par des femmes et des hommes de toutes tailles et âges. Le but de la pratique est de s’améliorer, de progresser (techniquement, physiquement et mentalement) dans la bonne humeur (Morihei Ueshiba insistait beaucoup sur ce point). Ne sont montrées que des techniques respectant le partenaire. Particulièrement complexe, son utilisation en combat réel nécessite un haut niveau de pratique. Malgré tout, l’aïkido permet de se préparer autant physiquement (souplesse, rapidité, musculature), mentalement (rester calme en toutes circonstances) et techniquement (respecter la distance de sécurité, trouver l’ouverture, se placer, gérer plusieurs attaques simultanées) à l’éventualité d’attaques de toutes sortes (pas seulement martiales).
Il est important de noter dès cette introduction qu’il existe différents styles d’aikido répondants à différentes aspirations. Le style le plus répandu est celui initié par le propre fils du fondateur, Kisshomaru Ueshiba, style connu sous le nom d’Aikikai.
La recherche de l’aikidoka est celle de l’équilibre optimum de l’individu par rapport à lui-même, et par rapport à son environnement. Chacun peut se conformer à ses possibilités physiques, le but étant précisément de mieux les connaître.une telle pratique est donc accessible à tous, homme ou femme, de l’âge tendre à l’âge mûr.
A quel âge peut-on débuter la pratique de cette discipline ? L’aikido est un art martial qui se caractérise par l’absence de compétition. Les techniques employées conduisent la force de l’adversaire plutôt que de s’opposer à lui. Les clubs reçoivent les enfants à partir de 6-7 ans, parfois plus jeunes, toujours encadrés par des professeurs diplômés. Combien de temps par semaine faut-il en moyenne, consacrer à cette discipline? A l’encontre de tous les sports qui nécessitent de long et fastidieux entraînements, l’aikido peut se pratiquer une ou deux fois par semaine dans le club. Des stages donnent l’occasion aux pratiquants de rencontrer d’autres aikidoka encadrés par des délégués techniques chargés de l’enseignement. Quels principes l’enfant va pouvoir apprendre en pratiquant cette discipline? Aux différents principes liés aux arts martiaux, droiture, esprit courageux et audacieux, la courtoisie, l’honneur, la loyauté il faut rajouter le contrôle de soi-même de de son adversaire et l’esprit de groupe. Quels bienfaits l’enfant va pouvoir retirer de la pratique de cette discipline ? A partir d’une simulation d’attaque, l’aikido banalise l’agression et conduit le pratiquant vers une réponse adaptée. Il ne s’agit plus de fuir face à l’agresseur mais bien -dans un premier temps- de faire face avant de se déplacer et d’esquiver. Cette discipline apporte à l’enfant le calme, le bien-être, une meilleure concentration, une anticipation et une vivacité d’esprit. Quels peuvent en être les inconvénients ou les handicaps? Comme l’ensemble des arts martiaux, la pratique de l’aikido nécessite l’acceptation d’un risque d’accident. Mais, les clubs, les professeurs connaissent bien ou se situent les limites, et l’aikido est une discipline ou bien peu d’accident sont recensés.L’aikido est certainement l’art martial le plus adapté aux femmes sa pratique ne nécessite pas l’utilisation de la force physique et son efficacité repose sur le déplacement, le placement, l’engagement des hanches, le relâchement musculaire qui permet une meilleure circulation de l’énergie: le ki. Il n’y a pas d’aikido spécifiquement féminin car l’aikido est une discipline martiale qui véhicule des valeurs reconnues dans notre société comme féminines: harmonie, non agressivité, ouverture d’esprit, respect de la vie.
Les femmes s’intègrent donc très bien parce que d’entrée, elles se reconnaissent dans ces valeurs. L’aikido est un art martial japonais, mais c’est en occident que les femmes s’en sont emparées, attirées sans doute par son caractère non violent, chorégraphique et pourtant très martial.
De plus, la pratique de l’aikido nécessite d’utiliser avant tout la souplesse, l’énergie, la capacité à évaluer rapidement des situations, plutôt que la simple force physique. N’importe quel mouvement peut être accompli par une femme. Elle ne le fera pas de la même manière qu’un homme. La force physique inférieure à celle des hommes sera compensée par un meilleur déplacement, un meilleur placement, une meilleure vision, une réponse plus adaptée à l’attaque.
Doublement avantagées, les femmes peuvent donc progresser au sein de cette discipline qu’elles pratiqueront efficacement, avec leur propre sensibilité, et toujours avec plaisir.
Aujourd’hui, un tiers des femmes accède au moins à la ceinture noire et au niveau des 2°/3°/4° dan (grades supérieurs à la ceinture noire), on observe que les femmes persévèrent davantage que les hommes du même niveau.
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